Trop c’est Trop

Avant, le Petit Prince était d’une simplicité enfantine.

Avant, il était réglé comme une horloge.

Avant, il dévorait tout ce qu’on lui donnait : bib, purée, compote puis féculents, protéines, légumes, yaourts … Tout y passait. Tout semblait bon. Tout lui allait.

Et puis un jour, quelqu’un s’est invité à sa table et l’a fait basculer du côté obscure de la force.

Nous qui crânions comme des idiots « Regarde comme il mange bien le Petit Prince », « Regarde comme son assiette est vide », « il va nous coûter cher en bouffe bientôt », en payons aujourd’hui les pots cassés…

Depuis quelques semaines, depuis qu’il s’est invité à la maison, le Petit Prince boude tout ce qui est coloré. Enfin, il le boude si c’est Monsieur Papa ou moi qui gérons le repas. Bizarrement, ça va tout seul quand il mange avec ses grands parents. Chez la nounou, c’est pareil, ça va. Mais avec nous, ça devient un enfer.

Put*** de 2 ans. 

On m’avait prévenu. Je l’avais lu partout sur la blogosphère des mamans que je suis. Les 2 ans, c’est la crise. Crise identitaire, crise pour forger sa personnalité.

Sauf que sur la bouffe, je ne cèderai pas. Jamais il n’aura du tout prêt. Jamais je ne lui ferai des pâtes parce qu’il refuse de manger ses légumes. J’admets que parfois, l’assiette de pâtes le soir quand je suis HS et que je n’ai pas envie de me battre est facile à servir. Mais j’ai décidé en mon âme et conscience que ce serait son repas. Et ce n’est pas lui qui me les a faites cuire en speed.

Depuis quelques semaines, ce sont les carottes qui lui posent problème. Il les refuse tout bonnement. Alors que le WE dernier, quand son papy l’a fait manger, il les a mangé, tout gentiment, de la première à la dernière, son dire un mot. Sale gosse #jelaimequandmême

Hier soir, il avait un écrasé de carottes avec un mélange de riz. Le tout dans son assiette. Qu’il a repoussé après 2 bouchées. Moi, non patiente l’ai sorti de table. « Tu ne veux pas de ton plat, c’est que tu n’as pas faim pour le reste non plus ». Voilà ma conception.

Ce matin, il a pris un bon petit déjeuné et il m’a aidé à faire les gâteaux pour ce week end, tout gentiment. Ce midi, on lui repropose les carottes avec le riz. Il pousse son assiette. Je l’ai mis au lit le ventre vide, sans scrupule. Sa sieste n’aura pas durée et à son levé, il souhaite s’installer à table. Je lui repropose le même plat. Il le repousse. Tant pis pour lui.

Une amie vient se promener avec nous cet après midi et prendre le goûter. Sauf que tant qu’il n’aura pas mangé de son assiette, il n’aura rien d’autre. Tant pis. Mais il est hors de questions qu’il mange des cochonneries sucreries s’il n’est pas capable d’avaler des carottes (en plus, ça le rendra peut être plus aimable)

Il est têtu … mais moi plus encore. Je ne cèderai pas. Pas là dessus.